Qui est Valérie André ?
21-02-2021

Qui est Valérie André ?

3 minutes de lecture

Valérie André : première femme pilote d’hélicoptère, première Officier Général

 

Un léger sourire, un visage doux, les cheveux souvent cachés dans un chapeau, les photos de Valérie André laissent paraitre une femme simple, délicate et aimante. Pourtant, son portrait cache les caractères d’une femme forte, courageuse et qui ne recule devant rien pour aider son prochain.

Passionnée par la médecin et l’aviation, elle se laissera guider par ces passions tout au long de sa vie et devient première femme pilote d’hélicoptère ainsi que première Officier Général et médecin général inspecteur.

 

Ses débuts dans la médecine et l’aviation

Née le 21 avril 1922 à Strasbourg, Valérie André est la fille de Valérie André et de Philibert. Elle porte bien le même nom que sa mère. Fascinée par l’aviation depuis toute petite, elle profite de la démocratisation des avions pour s'inscrire à quelques cours de pilotage auprès de l’aéroclub de la ville. En 1939, la seconde guerre mondiale lui contraint de prendre une pause pour se concentrer entièrement sur la médecine.

Suite à l’invasion allemande de 1940, elle rejoint Clermont-Ferrand où la faculté de médecine a été temporairement transférée. Elle y continue son parcours jusqu’à obtenir son diplôme de médecin en 1947. L’année suivante, elle compte bien obtenir son brevet pour avoir suivi des cours de parachutisme et devenir à la fois pilote de l’air et médecin militaire.

 

Une carrière brillante qui décolle durant la guerre d’Indochine

En 1948, le manque de personnel médical militaire sur le terrain en Extrême-Orient contraint les responsables à proposer des postes aux étudiants. Valérie André saisit cette opportunité pour lancer sa carrière de pilote et médecin militaire. Elle rejoint alors l’Indochine en 1949 et fait ses débuts en tant qu’assistante en neurochirurgie dans les hôpitaux de My Tho et Costes de Saigon.

Très vite, ses supérieurs lui proposent de compléter sa formation de parachutiste pour assurer des missions d’assistance et d’intervention chirurgicale dans des terrains hostiles. Elle revient brièvement en France pour décrocher une licence de pilote d’Hélicoptère. Notre pionnière de l’aviation s’est surtout spécialisée dans le pilotage des hélicos Sikorsky H-34 et Hiller 360.

Avec sa licence en poche, elle revient en force en Indochine et effectue en tout 129 vols pour évacuer plus de 160 blessés de mars 1952 à 1953.

 

Une pionnière aux services de la médecine et de l’aviation

De retour en France, Valérie André participe à de nombreux vols expérimentaux et suit de près la santé du personnel naviguant. Elle contribue même à la création du Laboratoire de Médecine Aérospatiale.

Entre 1959 et 1962, elle revient sur le terrain, cette fois-ci en Algérie pour assurer des évacuations par hélicoptère des blessés aux combats à bord d’un Sikorsky H-34 et d’une Alouette 2. Elle occupait le poste de médecin adjoint à la base de Boufarik et a effectué environ 350 missions d’urgence.

La guerre achevée, Valérie retourne en France, un retour triomphal marqué par une promotion au poste de lieutenant-colonel, puis colonel en l’espace de 5 ans (1965-1970).

En 1976, elle gagne le titre de « Médecin-Général » pour ses innombrables services rendus à la nation, puis d’Officier Général, la première femme à atteindre ce titre. À sa retraite, en 1981, elle obtient le titre de « Médecin-Général Inspecteur ». Puis, respectivement en 1987 et en 1999, les représentants du gouvernement l’élèvent au grade de « Grand-croix de l’Ordre National du Mérite » et de « Grand-croix de la Légion d’Honneur ».

À 98 ans, elle peut être fière de son parcours, une véritable pionnière de la médecine militaire et de l’aviation.

 

 

 


Laisser un commentaire

Soyez au courant